Campus IA à Fouju : le projet détaillé
Autorisations, énergie, impacts, oppositions : ce dossier rassemble les chiffres, les sources et les questions ouvertes sur Campus IA à Fouju.
Écrit par Florian Bruniaux
Founding Engineer / directeur technique chez Méthode Aristote. J’ai 13 ans d’expérience, de développeur à CTO, et j’ai accompagné la croissance d’équipes d’ingénierie. Je conçois des outils open source pour les développeurs. Découvrez mes autres réalisations.
Campus IA prévoit de construire onze bâtiments de centres de données à Fouju, en Seine-et-Marne. Ces bâtiments réuniront des serveurs, leur alimentation électrique et leur refroidissement pour fournir de la puissance de calcul, notamment à des services d’intelligence artificielle. Le mot « campus » désigne ici un site industriel, pas une école ou une université.

Campus IA est le nom du projet. Campus AI est la société qui le porte. Elle réunit MGX, Bpifrance, Mistral AI et NVIDIA. Fouju compte 655 habitants et se situe au sud-est de Paris.
Le 29 juillet 2026, le préfet de Seine-et-Marne a délivré les premières autorisations d’exploiter. Elles concernent DC1, DC2 et DC4, soit trois des onze bâtiments prévus. Ces noms désignent trois bâtiments du même campus. Aucun n’est encore en service. Le 28 août 2026, la commune a annoncé le démarrage du chantier de la première phase, avec pour premières opérations la clôture du site et les mesures prévues pour protéger la biodiversité.
Le dossier français constitue le registre factuel de référence de cette série. Il distingue les décisions administratives, les engagements du promoteur, les estimations et les données qui ne pourront être mesurées qu’après la mise en service.
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Les chiffres clés en un coup d’œil
| Sujet | Chiffre ou engagement | Source ou statut |
|---|---|---|
| Site | Environ 90 hectares et 11 bâtiments de centres de données | Périmètre décrit par l’autorité environnementale |
| Puissance informatique | 848 MW d’équipements informatiques | Périmètre décrit par l’autorité environnementale |
| Raccordement électrique | Jusqu’à 1,4 GW, atteint progressivement | Plan de Campus AI et de RTE |
| Électricité | Plus de 10 TWh par an une fois le campus entièrement déployé | Prévision du dossier |
| Investissement | Jusqu’à 50 milliards d’euros pour l’ensemble ; environ 8 à 8,5 milliards pour la première phase | Annonce et estimations du dossier public |
| Refroidissement et eau | Refroidissement sec pour la première phase ; aucun prélèvement dans la nappe de Champigny pendant l’exploitation | Engagement du promoteur |
| Phasage | Trois périodes de construction dans l’étude d’impact ; deux paliers de raccordement ; trois bâtiments autorisés en juillet 2026 | Calendriers distincts à ne pas confondre |
| Biodiversité | 61 espèces d’oiseaux, deux amphibiens protégés, neuf espèces de chauves-souris protégées et 140 espèces végétales recensées | Inventaire de l’étude d’impact repris par la MRAe ; efficacité des mesures encore à mesurer |
| Fluide frigorigène | 514,3 tonnes de R-1234ze ; environ 15 tonnes par an avec une hypothèse de fuite de 3 % | Stock prévu et fuite modélisée |
| Carbone | 38,3 millions de tonnes de CO2 équivalent sur 50 ans ; moyenne arithmétique de 0,766 million de tonnes par an ; 63 % liées à l’électricité | Estimation de l’étude d’impact reprise par la MRAe, qui demande de compléter le périmètre |
| Emploi | 500 emplois directs et plus de 1 000 indirects estimés ; environ 1 000 personnes pendant le chantier | Estimations gouvernementales, pas des résultats vérifiés |

Deux définitions utiles
Centre de données, puissance et énergie
À quoi sert un centre de données ?
Un centre de données (data center en anglais, souvent écrit « datacenter » en français) est un bâtiment sécurisé qui regroupe des serveurs, du stockage, des équipements réseau et les systèmes nécessaires à leur fonctionnement continu : distribution électrique, batteries et onduleurs, refroidissement, détection incendie et groupes de secours. Il fournit l’infrastructure physique derrière des services qui paraissent immatériels : sites web, cloud, vidéo, messagerie, applications d’entreprise, services publics, calcul scientifique et intelligence artificielle. Le Department of Energy américain le décrit comme une installation dédiée au calcul et au stockage numérique.
L’électricité alimente les processeurs, la mémoire, le stockage, le réseau, la conversion électrique, la sécurité et le refroidissement. La consommation varie avec l’activité des serveurs et l’efficacité du site. Une capacité de raccordement fixe un plafond technique, pas une consommation constante.
Les unités, sans jargon
| Unité | Ce qu’elle mesure | Exemple de lecture |
|---|---|---|
| W, kW, MW, GW | Une puissance à un instant donné. Kilo, méga et giga signifient respectivement mille, un million et un milliard. | 1 GW = 1 000 MW = 1 milliard de watts. |
| Wh, kWh, MWh, GWh, TWh | Une quantité d’énergie consommée ou produite pendant une durée. | 1 MW appelé pendant une heure = 1 MWh. 1 GW constant pendant un an = 8,76 TWh. |
| MW IT | La puissance attribuée aux équipements informatiques. « IT » reprend l’anglais information technology. | Elle exclut normalement le refroidissement et les autres auxiliaires du bâtiment. |
| MW ou GW de raccordement | La puissance maximale que le réseau est conçu pour pouvoir fournir. | Ce plafond technique ne donne pas la consommation annuelle, qui s’exprime en Wh et ses multiples. |
Le Bureau international des poids et mesures définit le watt comme une unité de puissance et les préfixes kilo, méga, giga et téra. Un wattheure est l’énergie correspondant à un watt fourni pendant une heure, selon la définition du Department of Energy.
Ordres de grandeur : que représentent ces chiffres ?
Ces comparaisons traduisent des unités peu familières en repères plus concrets. Elles ne rendent pas les objets équivalents : un raccordement maximal n’est pas une consommation continue et deux bilans carbone peuvent couvrir des périmètres différents.

| Chiffre du dossier | Ordre de grandeur utile | Limite de la comparaison |
|---|---|---|
| Environ 90 hectares de site | 90 hectares correspondent à 900 000 m². En prenant comme repère un terrain de 105 × 68 m, cela équivaut à environ 126 terrains de football. Les dimensions internationales autorisées par l’IFAB donnent une fourchette d’environ 109 à 141 terrains selon la taille retenue. | Cette comparaison porte uniquement sur la surface. Les bâtiments ne couvrent pas 90 hectares : la MRAe chiffre les aménagements et infrastructures à environ 48 hectares, dont 23 hectares pour les bâtiments. |
| 1,4 GW de raccordement maximal | 1 400 MW. C’est proche de la puissance nominale d’un réacteur nucléaire français de 1 300 à 1 450 MW, ou environ 1,6 réacteur de la classe 900 MW. RTE documente ces classes de puissance. | Cette valeur désigne la capacité maximale du raccordement, pas une consommation continue mesurée. Une centrale nucléaire peut comprendre plusieurs réacteurs. |
| Plus de 10 TWh par an | Le seuil de 10 TWh représente 10 milliards de kWh et une puissance moyenne de 1,14 GW sur une année. C’est environ 2,2 % des 451 TWh de consommation française corrigée des variations météorologiques en 2025, ou 2,08 millions de ménages avec le repère de 4 800 kWh par ménage et par an cité dans l’avis de la MRAe. Paris indique 28,54 TWh d’énergie consommée en 2022, dont 42 % sous forme d’électricité, soit environ 12 TWh. Le seuil de 10 TWh en représente environ 83 %. RTE publie le total national ; Paris publie son bilan énergétique territorial. | C’est une prévision minimale pour le campus entièrement déployé, pas un relevé de compteur. L’avis cite 200 000 foyers, mais sa propre note retient 4 800 kWh par foyer : ces deux données conduisent à environ 2,08 millions, soit un écart d’un facteur dix. Le repère parisien couvre tous les secteurs du territoire. |
| 514,3 tonnes de R-1234ze en stock | Il s’agit de la charge totale prévue dans les circuits fermés des 680 groupes froids, pas d’une consommation annuelle. La moyenne arithmétique est d’environ 756 kg par groupe. | La charge exacte varie selon les équipements. Cette masse ne décrit à elle seule ni la toxicité du fluide ni son devenir dans l’environnement. |
| Environ 15 tonnes de fuite par an | Le calcul du dossier est 514,3 tonnes × 3 % = 15,4 tonnes par an pour l’ensemble du campus. | Les 3 % constituent une hypothèse de modélisation. Ce résultat n’est ni un débit observé ni la prévision de rejets réguliers au fil des jours. |
| 38,3 MtCO2e sur 50 ans | Le calcul 38,3 ÷ 50 = 0,766 MtCO2e par an donne seulement une moyenne arithmétique. Le cumul sur 50 ans représente 1,99 fois l’empreinte carbone annuelle de Paris en 2022, évaluée à 19,27 MtCO2e. Autrement dit, cinquante années modélisées du projet correspondent à presque deux années de l’empreinte parisienne de 2022, et non à deux fois Paris chaque année. La moyenne annuelle de 0,766 Mt en représente environ 4 %. Paris documente le périmètre et la valeur de son empreinte. | Le modèle et ses exclusions ne couvrent pas le même périmètre que Paris. La section carbone détaille ces limites. |
Acteurs, bâtiments et autorisations
Qui porte Campus IA ?
Campus IA est le nom commercial du projet. Campus AI est la société de projet. La page officielle de concertation présente MGX, Bpifrance, Mistral AI et NVIDIA comme les quatre acteurs qui la composent. Elle ne publie pas leurs pourcentages de capital. Bouygues, EDF, l’École polytechnique, RTE et Sipartech sont présentés séparément comme partenaires.
Les trois premières autorisations d’exploiter ne sont pas établies au nom de Mistral. Elles concernent Campus AI SPV1, Campus AI SPV2 et Campus AI SPV4, les sociétés associées à DC1, DC2 et DC4. RTE pilote le raccordement au réseau public. Les documents consultés ne permettent pas encore d’établir qui possédera chaque bâtiment, chaque serveur ou chaque équipement une fois le campus en service.
Faire défiler l’infographie horizontalementLors de son audition à l’Assemblée nationale le 12 mai 2026, Arthur Mensch a déclaré : « Le rôle de Mistral dans le projet Campus IA est très mineur. Nous avons pris une toute petite participation. » Il a ensuite expliqué que Mistral achèterait et exploiterait ses serveurs, sans gérer les bâtiments, les transformateurs ou le refroidissement. Cette déclaration précise le rôle revendiqué par Mistral ; elle ne fournit ni la répartition du capital ni les contrats entre les sociétés.
Le projet inscrit dans les documents publics
Le préfet a délivré une autorisation globale au titre de l’eau et de l’environnement, ainsi que des autorisations d’exploiter séparées pour DC1, DC2 et DC4. L’autorité environnementale décrit un site d’environ 90 hectares sur des terres agricoles, 11 bâtiments de centres de données, 680 groupes froids en toiture et 613 groupes électrogènes de secours alimentés en huile végétale hydrotraitée. La MRAe chiffre les aménagements et infrastructures à environ 48 hectares, dont 23 hectares pour les bâtiments. Le projet complet prévoit aussi 216 cuves enterrées, 613 cuves aériennes et 31 269 tonnes de HVO ; ces valeurs concernent l’ensemble du campus, pas les trois bâtiments déjà autorisés.
Le démarrage des travaux annoncé le 28 août 2026 concerne la première phase. Les opérations initiales portent sur la clôture, les mesures de protection de la biodiversité et la poursuite des fouilles archéologiques. Cette annonce ne signifie pas que les onze bâtiments sont autorisés ou en construction simultanément.
DC1, DC2 et DC4 : trois bâtiments, pas trois technologies
Dans le dossier, « DC » est l’abréviation de l’anglais data center, soit « centre de données ». Le chiffre identifie un bâtiment sur le plan d’ensemble. Il ne désigne ni un type de serveur, ni une technologie, ni un client. Chaque bâtiment réunit des salles informatiques sur deux niveaux, des batteries et onduleurs, des groupes froids au niveau supérieur, des groupes électrogènes de secours, ainsi que des locaux de sécurité, de stockage et de livraison.
| Bâtiment actuellement autorisé | Ce que décrivent les documents publics | Exploitant juridique |
|---|---|---|
| DC1 | Environ 2,3 ha d’emprise au sol. L’autorité environnementale indique 80 MW de puissance informatique et un raccordement de 130 MW. L’arrêté autorise 75 groupes électrogènes et 75 groupes froids contenant au total 22,5 tonnes de R-1234ze. | Campus AI SPV1 |
| DC2 | Environ 1,5 ha d’emprise au sol. L’arrêté autorise 45 groupes électrogènes et 50 groupes froids contenant au total 41 tonnes de R-1234ze. | Campus AI SPV2 |
| DC4 | Environ 2,5 ha d’emprise au sol. L’arrêté autorise 67 groupes électrogènes et 76 groupes froids contenant au total 62 tonnes de R-1234ze. | Campus AI SPV4 |
Ces caractéristiques viennent des arrêtés préfectoraux de DC1, DC2 et DC4, complétés par l’avis de la MRAe. À eux trois, les arrêtés couvrent 187 groupes électrogènes, 201 groupes froids et 125,5 tonnes de R-1234ze. Les valeurs de 613 groupes électrogènes, 680 groupes froids et 514,3 tonnes concernent l’ensemble des 11 bâtiments prévus.
DC4 ne signifie donc pas qu’un quatrième bâtiment fonctionne déjà. La numérotation correspond au plan d’ensemble, pas à l’ordre de construction. Le calendrier examiné par la MRAe place DC3 dans une phase ultérieure. Il mentionne aussi DC11 dans la première phase, mais les autorisations d’exploiter du 29 juillet 2026 portent seulement sur DC1, DC2 et DC4.
La puissance informatique exacte de DC2 et DC4 n’est pas donnée dans les arrêtés consultés. Le dossier global indique seulement une fourchette de 48 à 96 MW par bâtiment. Les documents publics ne détaillent pas non plus les serveurs, les puces, les usages ou le client affecté à chacun. Campus IA présente Mistral comme son premier client, mais aucun document consulté ne permet d’attribuer précisément DC1, DC2 ou DC4 à Mistral.
Les puissances informatique et de raccordement, ainsi que la consommation annuelle projetée, sont rassemblées dans les chiffres clés et expliquées dans les ordres de grandeur. Le calendrier publié par l’intercommunalité prévoit 240 MW fin 2027, environ 700 MW en 2030 et la pleine capacité vers 2038. Bpifrance annonce les premiers services en 2028.
Le montant d’investissement dépend aussi du périmètre. L’annonce de la coentreprise évoque jusqu’à 50 milliards d’euros pour le développement complet. Les documents publics situent la première phase autour de 8 à 8,5 milliards. Le dossier actuel ne fournit pas de source primaire pour une première phase à 10 milliards.
Trois découpages : construction, raccordement et autorisations
Les pièces publiques emploient le mot « phase » pour plusieurs calendriers. Il faut donc identifier le découpage concerné avant d’affirmer qu’un bâtiment ou une capacité est déjà autorisé.
| Découpage utilisé | Première étape | Étapes suivantes | Portée juridique au 31 août 2026 |
|---|---|---|---|
| Calendrier de construction étudié par la MRAe | 2026-2029 : DC1, DC2, DC4 et DC11, poste électrique et bâtiment de formation | 2030-2032 : DC8, DC9 et DC10 ; 2034-2038 : DC3, DC5, DC6 et DC7 | L’avis de la MRAe reprend ces trois périodes et signale des incohérences entre les calendriers du dossier. Il ne s’agit pas de trois autorisations globales déjà délivrées. |
| Raccordement électrique | Premier palier de 700 MW | Jusqu’à 1,4 GW à pleine capacité | Ces valeurs décrivent la montée en capacité du raccordement, pas l’ordre exact de mise en service de chaque bâtiment. |
| Autorisations environnementales et d’urbanisme | Une autorisation environnementale globale pour l’eau et trois autorisations ICPE distinctes pour DC1, DC2 et DC4 | Un permis et une autorisation ICPE sont prévus pour chacun des huit autres bâtiments | La présentation officielle de l’enquête et les engagements post-concertation montrent que les huit autres bâtiments nécessitent encore leurs propres décisions. |
| Refroidissement et eau | Refroidissement sec annoncé pour la première phase | Étude d’eaux grises industrielles pour certains bâtiments ultérieurs | Ce découpage en deux étapes concerne un choix de refroidissement. Il ne remplace pas les trois périodes du calendrier de construction. |
L’étude d’impact porte sur le projet global, mais les caractéristiques détaillées et les prescriptions opposables des huit bâtiments suivants dépendront de futures procédures.
La pétition GreenVoice attribue ce découpage à une volonté d’éviter un classement Seveso. Le dossier confirme l’existence d’exploitants et d’arrêtés distincts, mais il n’établit pas cette intention. Dans le rapport de la commission d’enquête, Campus AI invoque l’usage prioritaire du HVO, des exploitants distincts et l’absence d’effets domino. La commission juge cette réponse fondée. Son avis administratif ne prouve pas l’existence d’un contournement et ne ferme pas la voie à une contestation juridique.
Électricité, eau, biodiversité et autres impacts
Consommation électrique et empreinte carbone du Campus IA
Contexte national et mondial
RTE estime que les centres de données français consomment actuellement environ 10 TWh par an, soit près de 2 % de la consommation nationale. Sa fourchette pour 2035 atteint 23 à 28 TWh, autour de 4 % de la demande attendue. Un scénario tendanciel distinct de l’ADEME aboutit à une multiplication par 3,7 d’ici 2035 pour l’électricité induite par les usages français. Les deux estimations ne sont pas interchangeables car leurs périmètres diffèrent.

À l’échelle mondiale, l’Agence internationale de l’énergie projette que la consommation électrique des centres de données passerait d’environ 485 TWh en 2025 à 950 TWh en 2030, soit près de 3 % de la demande mondiale à cette date. Dans ce scénario, la consommation des centres orientés IA triple. La vidéo explicative de l’AIE situe la consommation mondiale à 1:12 et les contraintes de réseau à 3:00. Cette projection mondiale ne constitue pas une prévision pour la France ou Fouju.
Que représentent 3 % de l’électricité mondiale ?
| Repère | Traduction en ordre de grandeur |
|---|---|
| 3 % de la demande mondiale | Si la projection se réalise, les centres de données consommeraient environ 1 kWh sur 33 utilisés dans le monde en 2030. |
| 950 TWh en un an | C’est légèrement plus que la consommation électrique annuelle actuelle du Japon, comparaison publiée par l’AIE à partir de sa projection précédente de 945 TWh. |
| 950 TWh comparés à la France | Cela représente environ 2,1 fois les 451 TWh de consommation française corrigée en 2025, publiés par RTE. |
| Une hausse de 465 TWh entre 2025 et 2030 | L’augmentation projetée à elle seule équivaut à environ une année entière de consommation électrique française au niveau de 2025. |
Ces équivalences comparent des quantités annuelles d’électricité. Elles ne comparent ni les mix de production, ni les émissions de CO2, ni les contraintes rencontrées par chaque réseau local.
Campus IA : consommation et carbone
Le dossier de Campus IA annonce à lui seul plus de 10 TWh par an une fois le campus entièrement déployé, avec le calcul détaillé dans les ordres de grandeur. Le site se rapprocherait de la consommation actuellement estimée pour l’ensemble des centres de données français, mais la comparaison évoluera avec l’ouverture d’autres sites et la montée en puissance progressive de Fouju.
Le bilan modélisé présenté dans les ordres de grandeur couvre cinquante ans. La MRAe reprend cette estimation et sa moyenne arithmétique annuelle. Cette division ne décrit pas une année type à pleine capacité : la construction, la montée en charge du campus et le renouvellement des équipements ne produisent pas des émissions uniformes.
Le périmètre étudié comprend la construction des bâtiments, l’énergie des bâtiments tertiaires, l’électricité des salles informatiques et des systèmes techniques, les fuites directes de fluide frigorigène, ainsi que l’installation et le renouvellement des équipements informatiques. L’électricité représente environ 24 MtCO2e, soit 63 % du modèle, avec un facteur de 50 gCO2e/kWh.
La MRAe demande un bilan consolidé. Le calcul actuel n’inclut pas le raccordement électrique, les déplacements des salariés et la logistique routière, le fonctionnement des groupes électrogènes, les produits issus de la dégradation du R-1234ze, le recyclage des équipements informatiques ni les rejets possibles de SF6 des installations électriques.
Le réseau français est peu carboné par rapport à de nombreux autres pays. Le bilan 2025 de RTE indique environ 20 gCO2/kWh pour l’électricité consommée et 29 g en cycle de vie, avec des valeurs plus élevées pendant certaines heures. Une demande électrique supplémentaire de cette taille modifie aussi les moyens de production mobilisés pour y répondre. La France ne dispose pas d’un facteur marginal officiel unique qui serait valable à toute heure pendant plusieurs décennies. L’exploitation aura donc une empreinte carbone, dont la valeur ne pourra être mesurée qu’après la mise en service.
Eau : un engagement de conception, pas une mesure d’exploitation
Campus AI s’est engagé par écrit à ne pas prélever dans la nappe de Champigny pendant toute l’exploitation. Le promoteur annonce un refroidissement sec, par air, sans consommation d’eau de refroidissement pour la première phase. Pour les phases suivantes, il s’engage seulement à étudier l’usage d’eaux grises industrielles. Les engagements postérieurs à la concertation ne démontrent pas qu’une ressource en eaux grises est déjà disponible.
Aucune donnée d’exploitation ne permet encore de contrôler cet engagement. Le site ne dispose d’aucun historique annuel de prélèvements, de consommation ou de rejets. Les documents n’étayent donc pas l’affirmation selon laquelle Fouju viderait déjà la nappe. Ils ne garantissent pas davantage une empreinte hydrique nulle : la production d’électricité, la construction, la fabrication des équipements, les usages sanitaires et une évolution ultérieure du refroidissement peuvent consommer de l’eau directement ou indirectement.
Faire défiler l’infographie horizontalementL’enquête environnementale 2026 de l’Arcep fournit seulement un contexte national. Elle rapporte 575 000 m³ de prélèvements directs en 2024 pour les 160 centres de données de son échantillon, presque entièrement sur les réseaux d’eau potable. L’Arcep estime une empreinte bien supérieure lorsqu’elle inclut l’eau liée à la production électrique. Aucun de ces chiffres ne prédit la consommation d’un campus refroidi à l’air.
Deux résultats scientifiques expliquent pourquoi un chiffre générique d’eau par requête décrit mal un projet local. Li, Yang, Islam et Ren estiment que l’entraînement de GPT-3 a consommé directement environ 700 000 litres d’eau douce et environ 5,4 millions de litres en ajoutant l’eau liée à la production électrique. Leur article publié dans Communications of the ACM n’inclut pas la fabrication des serveurs dans ces 5,4 millions de litres. Une revue ultérieure de Lei, Lu, Shehabi et Masanet observe des écarts supérieurs à un facteur 10 000 selon le matériel, le taux d’utilisation, le refroidissement, le climat et le système électrique. De tels écarts empêchent d’appliquer à Fouju un chiffre universel par requête.
Biodiversité : inventaire documenté, efficacité future à mesurer
Les nombres cités par la pétition GreenVoice proviennent bien de l’étude d’impact. L’avis de la MRAe du 8 avril 2026 les détaille et distingue le nombre d’espèces recensées de leur niveau de protection ou de conservation.
| Groupe | Résultat de l’inventaire | Localisation ou niveau d’enjeu indiqué |
|---|---|---|
| Oiseaux | 61 espèces, dont 11 nicheuses patrimoniales | Enjeu fort pour l’avifaune des milieux agricoles ouverts, notamment l’Alouette des champs, la Caille des blés, le Bruant proyer et la Perdrix grise |
| Amphibiens | Deux espèces protégées au niveau national : Triton ponctué et Triton crêté | Mare permanente située en périphérie nord-est ; Campus AI affirme qu’elle reste hors de l’emprise du projet |
| Chauves-souris | Neuf espèces, toutes protégées | Haies au sud, bosquet et mare utilisés pour le transit et la chasse ; enjeu évalué comme modéré dans l’étude |
| Mammifères terrestres | Sept espèces recensées | Le Lapin de garenne présente un enjeu de conservation au sud du site |
| Flore | 140 espèces végétales | Deux présentent un enjeu de conservation : l’Ammi élevé et la Vesce à gousses velues |
L’étude d’impact a bien recensé la faune, mais elle ne démontre pas encore l’efficacité future des mesures annoncées. La MRAe indique que les premières investigations, conduites de mai à novembre 2025, ne couvraient pas toutes les saisons. Elle demande au promoteur de démontrer la faisabilité et l’efficacité des mesures d’évitement et de réduction, notamment pour l’avifaune. À défaut, elle estime que les impacts résiduels devraient être réévalués et pourraient nécessiter une dérogation espèces protégées ainsi que des mesures compensatoires.
Pendant l’enquête publique, Campus AI a déclaré avoir complété l’étude sur quatre saisons. Le promoteur annonce plus de 45 hectares d’aménagements favorables, 1 520 mètres de haies, un suivi écologique pendant 30 ans et des mesures correctrices si les populations cibles n’évoluent pas comme prévu. La commission d’enquête a accepté l’analyse selon laquelle les impacts résiduels seraient non significatifs et qu’aucune dérogation ne serait nécessaire.
La commission a jugé les mesures acceptables après les réponses du promoteur, mais cette conclusion administrative ne préjuge pas de leur efficacité. Les haies, cultures extensives, limitations d’éclairage et suivis ne pourront être évalués qu’après leur mise en œuvre. L’absence actuelle de dérogation ne prouve donc ni l’absence d’espèces protégées ni le succès futur des mesures.
Faire défiler l’infographie horizontalementR-1234ze, PFAS et TFA
Le stock de R-1234ze et le calcul de fuite figurent dans les ordres de grandeur. L’autorité environnementale applique une hypothèse annuelle de 3 %, pas un taux observé, et demande une étude sanitaire spécifique. Le site ne fonctionne pas encore et les conséquences restent incertaines.
La fiche fabricant de Daikin sur le R-1234ze décrit son emploi comme HFO à faible potentiel de réchauffement planétaire dans les groupes d’eau glacée, ainsi que les compromis de taille des compresseurs. Elle renseigne sur l’application technique du fluide, pas sur son risque sanitaire ou son devenir dans l’environnement.
Le R-1234ze entre dans la définition structurelle des PFAS recommandée par l’OCDE en 2021, car il contient un groupe carbone entièrement fluoré. Cette classification ne signifie pas que tous les PFAS présentent la même toxicité, la même persistance ou la même bioaccumulation. L’ANSES décrit explicitement une famille hétérogène.
Le fluide peut se dégrader dans l’atmosphère et former de l’acide trifluoroacétique, ou TFA. Un article de modélisation atmosphérique publié en 2025 documente cette voie pour le HFO-1234ze(E). En juin 2026, le comité d’évaluation des risques de l’Agence européenne des produits chimiques a adopté un avis recommandant de classer le TFA toxique pour la reproduction en catégorie 1B, persistant, mobile et toxique, ainsi que très persistant et très mobile. Le registre de l’ECHA consigne une recommandation scientifique, pas encore une classification européenne juridiquement contraignante.
La restriction européenne plus large sur les PFAS reste également en cours d’examen. Son périmètre final, ses périodes de transition et ses dérogations ne sont pas arrêtés. Le dossier doit donc conserver cette incertitude réglementaire sans présenter le R-1234ze comme déjà interdit.
Le Scientists’ Statement on the Chemical Definition of PFASs, publié en 2025, défend la définition structurelle de l’OCDE et conteste les définitions plus étroites qui excluraient les gaz fluorés et le TFA.
Aucune contamination locale ni aucun effet sanitaire lié à Campus IA n’ont été mesurés. Le projet prévoit un stock important de fluide ; l’autorité environnementale a modélisé une fuite et demandé une étude complémentaire, tandis que les procédures sanitaires et réglementaires continuent.

Bruit, groupes de secours et qualité de l’air
La réglementation ICPE fixe des niveaux maximaux de 70 dB(A) le jour et 60 dB(A) la nuit en limite de propriété. Dans les zones voisines réglementées, l’émergence autorisée par rapport au bruit ambiant est de 5 ou 6 dB(A) le jour et de 3 ou 4 dB(A) la nuit. Ces valeurs viennent de l’arrêté ministériel du 23 janvier 1997.
Que représentent 60 à 90 dB(A) ?
| Niveau approximatif | Repère courant |
|---|---|
| 30 dB(A) | Chambre à coucher silencieuse |
| 45 dB(A) | Appartement normal |
| 60 dB(A) | Conversation normale |
| 70 dB(A) | Rue à gros trafic |
| 75 dB(A) | Aspirateur |
| 85 dB(A) | Circulation dense entendue depuis l’intérieur d’une voiture |
| 90 dB(A) | Tondeuse à essence ou conversation criée, selon la source |
Ces valeurs sont des ordres de grandeur issus de l’échelle du ministère de la Santé et des repères d’écoute de l’Organisation mondiale de la santé. Elles ne remplacent pas une mesure sur place. Un téléviseur, un ventilateur ou un moteur de voiture n’a pas un niveau sonore unique : le modèle, le régime, le réglage, la distance et la pièce changent le résultat.
Le seuil de 70 dB(A) s’applique en limite de propriété, pas dans les logements voisins, et il ne signifie pas que le campus produira continuellement ce niveau. L’émergence par rapport au bruit ambiant compte donc autant que la valeur absolue. L’échelle est logarithmique : deux sources identiques à 70 dB produisent ensemble 73 dB, pas 140 dB. En champ libre sans obstacle, l’INRS indique une baisse d’environ 6 dB à chaque doublement de distance. Les bâtiments, les réflexions et les sources multiples peuvent modifier cette relation sur un site réel.
L’étude acoustique examine cinq zones dites « à émergence réglementée », où elle compare le bruit futur au bruit ambiant. L’une d’elles correspond au futur centre pénitentiaire de Crisenoy. Ce projet distinct de Campus IA est prévu sur des parcelles voisines, à l’ouest du campus. L’autorité environnementale indique que les seuils seraient respectés sur la plupart des points évalués, mais relève un dépassement modélisé d’environ 0,4 dB(A) à un point situé au nord de ce futur centre. Elle demande un complément d’analyse. Un niveau sonore générique pour un centre de données hypothétique de 5 MW ne peut pas remplacer cette modélisation locale : le matériel, la distance, les écrans et les conditions de mesure changent le résultat.
Les 613 groupes électrogènes de secours posent une question distincte de qualité de l’air. L’avis environnemental identifie des dépassements possibles de dioxyde d’azote pour les futurs occupants de la prison pendant les essais de maintenance, ainsi que pour des travailleurs tiers dans un scénario d’urgence. Il n’établit pas une exposition habituelle de tous les salariés du site au-dessus des valeurs de l’Organisation mondiale de la santé.
Chaleur fatale : une obligation légale sans contrat de livraison public
Depuis le 1er octobre 2025, la loi française impose aux centres de données d’au moins 1 MW de récupérer et d’utiliser leur chaleur fatale lorsque la solution est techniquement et économiquement viable. Les sites de plus de 500 kW doivent aussi transmettre chaque année leurs données de performance énergétique. Le Code de l’énergie prévoit une mise en demeure puis une amende pouvant atteindre 50 000 euros si le manquement continue.
Campus AI cite plusieurs débouchés possibles : les bâtiments du campus, des serres, la future prison, Melun et Vaux-le-Vicomte. Aucun réseau de chaleur, contrat client, financement ou calendrier de livraison n’est encore publié pour ces pistes. Les documents publics établissent l’obligation d’étudier et de mettre en œuvre les solutions viables, sans permettre de chiffrer une livraison de chaleur.
Emplois et retombées locales
Emplois et retombées économiques locales
Le projet peut agir sur l’économie locale par trois circuits distincts : les emplois directement affectés au chantier ou à l’exploitation, les commandes confiées aux fournisseurs et sous-traitants, puis les dépenses des travailleurs et de leurs familles. Ce troisième circuit peut soutenir la restauration, l’hébergement, le commerce, les locations et certains services. Il ne faut toutefois pas additionner ces catégories comme si chaque emploi était nouveau, permanent et local.
| Canal économique | Effets possibles autour de Fouju | Ce que les documents permettent d’affirmer |
|---|---|---|
| Chantier | Génie civil, électricité, CVC, transport, intérim, repas, nuitées et locations de courte durée | Une réponse gouvernementale estime que la construction mobilisera environ 1 000 personnes. L’effectif par année, la durée des missions et la commune de résidence ne sont pas publiés. |
| Exploitation directe | Techniciens d’exploitation de centres de données, ingénieurs, exploitation informatique, maintenance, sécurité, gestion et services | Le Gouvernement estime 500 emplois directs et plus de 1 000 indirects à terme. Aucune donnée vérifiée ne les ventile encore par métier, employeur, phase ou lieu de résidence. |
| Sous-traitance | Maintenance électrique et climatique, nettoyage, gardiennage, espaces verts, restauration et autres services | Campus AI s’est engagé à recenser les entreprises locales et à organiser les marchés de travaux pour qu’elles puissent répondre directement ou en sous-traitance. Aucun objectif chiffré d’achats locaux ni contrat attribué n’est encore publié. |
| Dépenses induites | Restaurants, hôtels, commerces, logements et services fréquentés par les salariés, prestataires, étudiants et visiteurs | L’effet dépendra du nombre de personnes qui séjourneront ou habiteront réellement dans le territoire plutôt que de venir quotidiennement d’un autre bassin d’emploi. Il n’existe pas encore d’étude locale de ces dépenses. |
La réponse de Campus AI à la concertation, publiée en février 2026 cite explicitement la restauration et les services parmi les partenariats à construire. Le document reconnaît aussi que les salariés, étudiants et visiteurs créeront des besoins d’hébergement. Il mentionne l’hôtellerie et le logement étudiant, tout en précisant que Campus AI ne construira pas lui-même les logements ou les hôtels. La Communauté de communes Brie des Rivières et Châteaux est compétente pour le développement économique, le tourisme et l’hébergement temporaire, mais pas pour le logement.
Les effets sur les écoles dépendront du nombre de familles qui s’installeront durablement. Un salarié recruté sur place, un navetteur quotidien et un technicien logé quelques mois n’ont pas le même effet sur les inscriptions et les services publics. Le dossier ne contient ni prévision du nombre de familles qui s’installeraient, ni programme de logements, ni engagement de financement d’une école. Le centre de formation annoncé sur le campus répond à un autre besoin : des parcours techniques allant du niveau technicien au niveau ingénieur, notamment en exploitation numérique et en cybersécurité.
Une étude de l’Insee sur les centrales nucléaires du Grand Est aide à comprendre le mécanisme, sans fournir un multiplicateur applicable à Campus IA. Elle distingue les emplois indirects liés aux commandes des emplois induits par la consommation des salariés et de leurs familles. Dans ce cas industriel précis, le commerce, les transports, l’hébergement, la restauration, l’administration, la santé, l’enseignement et l’action sociale regroupent 27 % des emplois liés. La technologie, les besoins de maintenance, les salaires et la géographie d’un centre nucléaire diffèrent de ceux d’un campus de centres de données : ce pourcentage ne peut donc pas être transposé à Fouju.
Les estimations propres à Campus IA ont évolué avec le périmètre du projet. La réponse gouvernementale citée dans le tableau ne permet pas de présenter 300 à 500 emplois comme un total établi pour la première phase. Un rapport du Sénat de 2026 cite environ 300 centres de données et 50 000 emplois directs et indirects en France. Ces totaux nationaux ne disent pas combien d’emplois resteront à Fouju.
Un suivi public devrait publier les équivalents temps plein par phase et par métier, la durée des contrats, le lieu de résidence des salariés, la valeur et l’origine géographique des achats, ainsi que les nuitées et dépenses locales. Sans ces données, l’activité supplémentaire reste plausible et partiellement documentée, mais son montant et sa répartition entre Fouju, les communes voisines, Melun et le reste de l’Île-de-France restent inconnus.
Fiscalité locale et prix de l’électricité
Le dossier public ne permet pas de vérifier l’estimation d’environ un million d’euros de taxe foncière annuelle associée au maire de Fouju. Le pacte fiscal 2026 prévoit que Fouju conserve un tiers et reverse deux tiers à l’intercommunalité. Les autres impôts dépendent des surfaces imposables, de la propriété des équipements, des mutations et des règles locales. Le dossier public ne contient pas de décompte annuel vérifié répartissant les recettes entre collectivités.
Aucun effet sur la facture des ménages français n’a non plus été mesuré et attribué à Campus IA. Les études internationales aboutissent à des résultats différents. Une étude de Yue et Zeng publiée en 2026 associe l’arrivée de centres de données américains à une hausse de l’emploi, des salaires et du nombre d’entreprises, concentrée dans les comtés métropolitains, tandis que les zones non métropolitaines gagnent peu. Dans le sous-ensemble où les prix de l’électricité sont mieux identifiables, les auteurs constatent une hausse. Un autre document de travail américain de 2026 estime au contraire une légère baisse moyenne entre 2015 et 2024, au motif que les coûts fixes du réseau et les économies d’échelle peuvent compenser la demande supplémentaire. Les méthodes, les territoires et les systèmes tarifaires ne sont pas les mêmes.
Pour la France, HEC Paris a publié un scénario de hausse de 20 à 40 % dans des pôles denses comme Paris, extrapolé à partir de données américaines. Ce scénario ne repose pas sur une mesure française. L’augmentation tarifaire d’août 2026 a été reliée par le régulateur aux tarifs de réseau et au mécanisme de capacité, pas à un effet chiffré de Campus IA.
Études et auditions complémentaires
Ressources : études, vidéos et auditions
Déplier les études, auditions et vidéos
Auditions et vidéos sur Mistral AI
L’audition d’Arthur Mensch et d’Audrey Herblin-Stoop à l’Assemblée nationale, le 12 mai 2026 est la source la plus directe sur le rôle déclaré de Mistral. Le compte rendu officiel permet de contrôler les formulations. Les passages vidéo les plus utiles portent sur le marché et les capitaux à 13:23, l’urgence d’investir à 31:16, l’échelle des grands sites à 55:00 et la réservation de capacité électrique à 56:45.
L’audition d’Arthur Mensch au Sénat du 22 mai 2024 et son compte rendu intégral décrivent les modèles de fondation, leur entraînement, leur distribution et leurs usages. Une intervention à l’École polytechnique publiée en janvier 2026, également disponible en vidéo, aborde l’impact climatique à 12:00 et trois dimensions de la souveraineté à 15:53. Ces interventions exposent la position de Mistral ; elles n’évaluent pas les effets locaux du projet.
Les travaux ci-dessous ne répondent pas tous à la même question. Certains mesurent une situation passée, d’autres construisent des scénarios, évaluent un modèle d’IA ou proposent un cadre technique. Aucun ne mesure Campus IA en exploitation.
Travaux français et recherche liée à la France
| Source et nature | Ce qu’elle apporte | Limite pour Fouju |
|---|---|---|
| Prospective d’évolution des consommations des data centers de 2024 à 2060, ADEME, 2026, étude institutionnelle | Un état des lieux français et cinq scénarios jusqu’en 2060. L’étude examine l’électricité, les émissions, l’eau, le foncier, la souveraineté et les consommations françaises hébergées à l’étranger. | Cette prospective nationale ne prédit ni la consommation réelle ni les impacts locaux de Campus IA. |
| Intelligence artificielle générative : quels défis environnementaux ?, Arcep et PEReN, 2026, rapport institutionnel | Une synthèse de la littérature complétée par des tests du PEReN sur l’inférence. Le rapport distingue centres de données, réseaux et terminaux, puis entraînement et utilisation des modèles. | Le rapport ne fournit ni une analyse de cycle de vie complète de Mistral ni une étude du site de Fouju. Les tests couvrent une sélection de modèles et de requêtes. |
| Valorisation sur son territoire de la chaleur fatale issue des data centers, ADEME, 2024, étude et guides techniques | Une estimation du potentiel français de récupération de chaleur, des entretiens avec les acteurs et des guides pour les collectivités et les exploitants. | Un potentiel national ne démontre pas qu’un réseau, un client ou un contrat de livraison existe à Fouju. |
| Estimating the Carbon Footprint of BLOOM, a 176B Parameter Language Model, Luccioni, Viguier et Ligozat, 2023, article évalué par les pairs | Une comptabilité élargie de l’entraînement et de l’inférence d’un grand modèle, entraîné sur le supercalculateur français Jean Zay. L’article montre combien le périmètre retenu modifie le bilan carbone. | Un modèle de 176 milliards de paramètres, exécuté sur une infrastructure et un mix électrique précis, ne permet pas d’estimer les émissions annuelles d’un campus de 848 MW informatiques. |
Travaux européens
| Source et nature | Ce qu’elle apporte | Limite pour Fouju |
|---|---|---|
| Energy Consumption in Data Centres and Broadband Communication Networks in the EU, JRC, 2024, étude institutionnelle | Une estimation fondée sur la littérature et les données publiques : 45 à 65 TWh pour les centres de données de l’UE en 2022, soit 1,8 à 2,6 % de l’électricité de l’Union. Elle documente aussi le manque de statistiques officielles comparables. | La fourchette décrit l’UE en 2022. Elle ne ventile pas Campus IA et précède l’accélération actuelle des investissements en IA générative. |
| Assessment of the energy performance and sustainability of data centres in the EU, Commission européenne, 2025, premier rapport de collecte réglementaire | Une analyse du premier cycle européen de déclaration des consommations et indicateurs de durabilité des centres de données. Elle permet de passer de scénarios généraux à des données déclarées selon un cadre commun. | La couverture et la qualité dépendent des déclarations reçues et de leur complétude. Le rapport ne mesure pas Fouju de manière indépendante. |
| Study on Cloud and AI Development in the EU, Commission européenne, 2026, étude commandée | Une analyse des capacités de calcul européennes, de la demande future, des infrastructures optimisées pour l’IA, des contraintes de réseau et d’eau, des procédures et de la dépendance envers des fournisseurs non européens. | Cette étude éclaire des choix de politique européenne. Elle n’est pas un article évalué par les pairs ni une étude d’impact locale. |
| Gone with the clouds: Estimating the electricity and water footprint of digital data services in Europe, Farfan Orozco et Lohrmann, 2023, article évalué par les pairs | Une modélisation de la demande européenne d’électricité et d’eau liée aux services de données jusqu’en 2030, avec plusieurs scénarios. | Le périmètre couvre les usages Internet et la transmission, pas seulement les centres de données. Les hypothèses précèdent la vague actuelle de projets d’IA générative. |
| Data centres in future European energy systems, Koronen, Åhman et Nilsson, 2020, article évalué par les pairs | Une analyse de l’efficacité, de la flexibilité électrique, de la récupération de chaleur et des politiques européennes. Elle souligne que la chaleur est surtout valorisable à proximité d’un réseau adapté. | L’article est européen, prospectif et antérieur à l’essor de l’IA générative. Il ne vérifie aucun contrat ni débouché thermique à Fouju. |
| Impacts of flexible-cooling and waste-heat recovery from data centres on energy systems, Jerez Monsalves, Bergaentzlé et Keles, 2023, article évalué par les pairs | Un modèle du système énergétique danois jusqu’en 2035 qui quantifie les effets possibles du refroidissement flexible et de la récupération de chaleur. | Les résultats dépendent du réseau de chaleur, du marché électrique et des hypothèses danoises. Ils ne sont pas transférables tels quels à la Seine-et-Marne. |
Autres publications utiles
- Making AI Less “Thirsty”, de Li, Yang, Islam et Ren, décrit la comptabilité de l’eau directe et de l’eau liée à l’électricité pour les calculs d’IA.
- The water use of data center workloads, de Lei, Lu, Shehabi et Masanet, quantifie les écarts liés au matériel, au refroidissement, au climat et à l’électricité.
- The Local Economic Effects of AI Data Center Entry, de Yue et Zeng, étudie l’emploi, les revenus, les entreprises et les prix de l’électricité aux États-Unis. L’étude ne fournit pas une estimation causale française.
- Scientists’ Statement on the Chemical Definition of PFASs explique pourquoi une classification structurelle ne doit pas être confondue avec le danger propre à chaque substance.
Quatre vidéos couvrent des parties différentes du dossier :
- Le webinaire post-concertation de Campus IA et RTE présente les engagements des promoteurs. Cette vidéo documente leur position, pas une évaluation indépendante.
- La réunion publique de Crisenoy rassemble des chercheurs critiques et des opposants. Elle documente leurs arguments, pas des constats réglementaires.
- Le reportage de France 24 de mai 2026 résume les questions de foncier, d’électricité et d’eau liées au développement français.
- L’explication de BBC World Service sur l’eau interroge Shaolei Ren et distingue l’eau directe de l’eau indirecte. Les passages utiles commencent à 1:04 pour l’étude et 4:16 pour l’eau associée à l’électricité.
Les oppositions au projet et leurs motivations
Au 31 août 2026, les opposants recensés comprennent des riverains, des associations environnementales et agricoles, des syndicats et des responsables politiques, dont le député Arnaud Saint-Martin. Leurs objectifs vont de la modification ou du déplacement du projet à son abandon complet ; leurs positions sur l’intelligence artificielle ne sont pas identiques.
| Acteur ou initiative | Actions documentées | Motivations déclarées |
|---|---|---|
| Stop Campus IA | Centralisation des ressources, réseaux Facebook et Instagram, conférence de presse, pique-nique du 24 mai et rencontre citoyenne du 29 août à Melun. Sa pétition GreenVoice affichait 50 000 signatures atteintes le 26 août 2026. | Refus de l’échelle du projet, de l’artificialisation agricole, de sa demande électrique, de ses nuisances potentielles et des procédures accélérées. Une partie de son argumentaire porte aussi sur la place que l’IA devrait occuper dans la société. |
| FNE Seine-et-Marne et FNE Île-de-France | Contributions aux concertations, analyse du dossier, campagne publique et collecte destinée aux frais juridiques. FNE Île-de-France annonce préparer plusieurs recours contre les autorisations. | Biodiversité, terres agricoles, énergie, pollution de l’air, fluides fluorés, chaleur fatale, effets cumulés et accessibilité des procédures publiques. Aucun numéro de recours déposé n’était publié dans les sources consultées au 31 août : l’action est annoncée, mais aucun contentieux n’est vérifiable ici. |
| LPO, Confédération paysanne, Les Soulèvements de la Terre et Solidaires | Ces organisations ont participé aux actions collectives de mai, aux côtés de FNE, comme l’ont rapporté Le Monde et Le Parisien. | La LPO insiste sur les habitats et les espèces, la Confédération paysanne sur les terres agricoles, tandis que les collectifs et syndicats élargissent la critique à l’extractivisme, à l’énergie et à l’utilité sociale des infrastructures numériques. Leur participation commune ne signifie pas que leurs positions sont identiques. |
| Mieux vivre à Blandy et Terre de Liens | Mieux vivre à Blandy a contribué à la concertation ; Terre de Liens Île-de-France a déposé un avis défavorable pendant l’enquête publique. | Leur critique vise d’abord le choix de terres agricoles et le cumul local des infrastructures. Mieux vivre à Blandy reconnaît l’utilité de certains usages de l’IA, mais conteste cette implantation et son échelle. |
| CFDT Île-de-France et élus critiques | La CFDT a publié un cahier d’acteur réservé mais non hostile par principe. Le député Arnaud Saint-Martin a organisé une réunion publique et interrogé le gouvernement à l’Assemblée nationale. | La CFDT demande une gouvernance, un dialogue social et un suivi des emplois. Les critiques politiques portent aussi sur l’actionnariat étranger, la réalité de la souveraineté annoncée, le coût d’opportunité électrique, les retombées locales et la rapidité des procédures. |
Vérification des principales affirmations de la pétition GreenVoice
Afficher la vérification détailléeMasquer la vérification détaillée
La pétition est utilisée ici pour présenter la position du collectif, pas comme une expertise indépendante du projet. Ses principales affirmations sont comparées aux pièces réglementaires disponibles au 31 août 2026.
| Affirmation de la pétition | Évaluation | Ce que montrent les documents |
|---|---|---|
| Environ 90 hectares et 70 hectares détruits ou artificialisés | Partiellement étayé | Les surfaces et la nature du terrain sont détaillées dans les ordres de grandeur. Le qualifier uniformément d’« espace naturel détruit » ne correspond pas au terrain principalement agricole intensif décrit dans le dossier. |
| Onze centres de données, 50 milliards d’euros et plus grand projet européen consacré intégralement à l’IA générative | Chiffres confirmés, qualification non démontrée | Le nombre de bâtiments et les périmètres d’investissement sont détaillés dans la description du projet. Aucun registre homogène ne certifie son rang européen, et les sources officielles ne prouvent pas que chaque futur usage sera exclusivement lié à l’IA générative. |
| 1,4 GW et plus de 10 TWh par an, soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire | Chiffres confirmés, comparaison à préciser | Les deux valeurs et la comparaison nucléaire sont expliquées dans les ordres de grandeur. Elles ne décrivent ni la même mesure ni une puissance réellement appelée. |
| Découpage en trois phases destiné à éviter Seveso | Découpage confirmé, intention non établie | Les trois calendriers et les arguments réglementaires sont documentés, mais les pièces publiques n’établissent pas une intention de contourner Seveso. |
| Aucune solution de récupération de chaleur et îlot de chaleur certain | Formulation trop absolue | Le dossier étudie des débouchés sans publier encore de client, de réseau ou de volume livré, comme l’explique la section sur la chaleur fatale. Un risque modélisé n’est pas une hausse locale déjà mesurée. |
| 514,3 tonnes de fluide utilisées chaque année et 15 tonnes de fuites inévitables | Incorrect | Le stock et l’hypothèse de fuite sont distingués dans la section R-1234ze, PFAS et TFA. Le dossier ne décrit ni la consommation annuelle du stock complet, ni une fuite observée ou certaine. |
| Bilan global de gaz à effet de serre non étudié | Incorrect | La section carbone présente l’estimation existante et ses exclusions. Le bilan est incomplet, mais il n’est pas absent. |
| 613 groupes électrogènes et plus de 30 000 tonnes de HVO | Confirmé pour le projet complet | Ces chiffres, présentés dans la description du projet, sont confirmés pour le campus complet. |
| Inventaire d’espèces repris par la pétition | Confirmé avec nuances | L’inventaire détaillé confirme les nombres cités, mais les catégories de protection et de conservation diffèrent selon les groupes. |
| L’absence de dérogation espèces protégées prouve que les impacts sont ignorés | Désaccord d’évaluation, pas fait établi | La section biodiversité distingue la demande initiale de la MRAe, la réponse du promoteur, la décision de la commission et l’efficacité encore inconnue des mesures. |
| Enquête imposée, procédures accélérées et statut de projet d’intérêt national majeur | Faits et jugement politique mélangés | L’enquête publique a duré 31 jours et Campus IA a signé avec RTE un contrat de raccordement accéléré. Le rapport d’enquête précise toutefois que le projet ne relève pas du statut PINM et qu’aucun décret PINM n’a été pris. Qualifier la procédure de « déni de démocratie » exprime une position, pas un constat juridique établi par sa durée. |
Les positions recensées ci-dessus se répartissent en quatre familles : protection du territoire et du vivant, arbitrage de l’électricité et des ressources, critique de la procédure, puis mise à l’épreuve des promesses de souveraineté, d’emploi et de fiscalité. Les documents militants établissent les positions des collectifs. Leurs affirmations techniques doivent être contrôlées dans les pièces réglementaires.
Comment suivre l’actualité du projet
| Canal | Ce qu’il permet de suivre | Point de vue |
|---|---|---|
| Stop Campus IA | Événements, pétition, Facebook, Instagram, documents de campagne et éventuelles suites juridiques. | Collectif opposé au projet. |
| FNE Seine-et-Marne et FNE Île-de-France sur LinkedIn | Analyses environnementales, mobilisation et annonces concernant les recours. | Associations opposées au projet. |
| Campus IA et son compte LinkedIn | Calendrier industriel, partenariats, engagements et communication du promoteur. | Publications du promoteur, favorables au projet. |
| Mairie de Fouju et CCBRC | Travaux, circulation, décisions locales et informations pratiques pour les habitants. | Sources institutionnelles locales qui présentent le projet et relaient ses informations pratiques. |
| Préfecture de Seine-et-Marne | Arrêtés, décisions, rapport d’enquête et pièces réglementaires. | Source juridique primaire. |
| CNDP | Bilan de la concertation, contributions et réponses du maître d’ouvrage. La concertation est terminée, mais l’archive reste utile. | Autorité indépendante chargée de la participation du public. |
| RTE | Jalons et caractéristiques du raccordement électrique. | Gestionnaire du réseau et co-maître d’ouvrage du raccordement. |
Un suivi équilibré croise au minimum les publications du collectif, du promoteur et de la préfecture. Les annonces sociales renseignent sur les intentions et les mobilisations ; les arrêtés et rapports établissent les décisions juridiquement prises.
Ce qui reste inconnu
Avant la mise en service, les documents publics ne permettent pas de connaître :
- la consommation électrique annuelle mesurée et son intensité carbone heure par heure ;
- la consommation d’eau directe et indirecte avec le refroidissement définitif ;
- les fuites réelles de fluide, les dépôts de TFA ou un effet sanitaire local ;
- l’évolution mesurée des oiseaux, amphibiens, chauves-souris et habitats après la mise en œuvre des mesures ERC ;
- la chaleur effectivement livrée, les clients sous contrat et l’économie du réseau ;
- les emplois effectivement créés, ventilés par phase, métier, lieu de résidence et durée ;
- la valeur et l’origine géographique des achats, ainsi que les nuitées et dépenses locales liées au chantier et à l’exploitation ;
- les recettes fiscales annuelles conservées par chaque collectivité ;
- la part des coûts de raccordement et de renforcement du réseau payée par l’opérateur et par les autres usagers.
Ces chiffres devront être suivis après la mise en service. D’ici là, les autorisations établissent ce qui peut être construit, les documents du promoteur décrivent ses engagements et les études d’impact fournissent des scénarios sans données d’exploitation.
Ma position sur le projet
J’ai construit ce dossier à partir de décisions et d’études publiques, des documents du promoteur, des contributions des opposants, d’articles scientifiques, d’auditions parlementaires et de vidéos. Mon objectif est de séparer les faits établis, les estimations, les engagements, les positions des acteurs et les informations encore manquantes. Cette distinction laisse au lecteur la possibilité de se faire sa propre opinion.
Je travaille dans l’IA et une partie de mon activité dépend directement des infrastructures étudiées ici. Cela explique une partie de ma position, mais pas toute. Je suis favorable au développement de centres de données capables de soutenir les usages numériques et l’IA en France.
Je suis aussi relativement aligné avec les arguments de souveraineté exposés par Arthur Mensch. Entraîner et exploiter des modèles européens suppose de disposer en Europe des GPU, de l’énergie, des centres de données et des logiciels nécessaires, plutôt que d’importer l’ensemble du service. Cette capacité concerne également les langues européennes et la maîtrise des interfaces par lesquelles circule l’information. Je distingue toutefois ce choix industriel de l’évaluation locale du projet : juger ces infrastructures utiles en France ne suffit pas à déterminer où et dans quelles conditions elles doivent être construites.
Je conditionne ce soutien à un encadrement strict, à un suivi dans la durée et à la publication de mesures sur la consommation électrique, l’eau, les émissions des groupes de secours, le bruit, les fuites de fluide, la chaleur livrée, les emplois et les retombées fiscales. Les engagements pris avant la construction pourront ainsi être comparés aux résultats d’exploitation.
Je suivrai Campus IA et mettrai cet article à jour lorsque de nouvelles données vérifiables seront publiées. Pour organiser une conférence, une rencontre publique ou un échange technique, vous pouvez me contacter.
Méthode et sources
Le dossier français sert de registre factuel pour la synthèse et pour les traductions. Les informations relèvent de quatre statuts :
| Statut de l’information | Ce que les documents établissent | Limite |
|---|---|---|
| Autorisation délivrée | L’élément figure dans les arrêtés préfectoraux ou le dossier environnemental. | Cela ne signifie pas qu’il est déjà construit ou en service. |
| Engagement du promoteur | Campus AI ou RTE a publié une conception ou une réalisation prévue. | L’engagement n’a pas encore été vérifié en exploitation. |
| Estimation modélisée | Un calcul applique des hypothèses explicites à un scénario futur. | La valeur n’a pas été mesurée sur le site. |
| Information indisponible | L’information n’est pas encore publique, contractualisée ou mesurable. | Son absence ne permet pas de conclure que le résultat sera positif ou négatif. |
Faire défiler l’infographie horizontalementLes sources principales sont les décisions préfectorales, l’avis rendu en avril 2026 par l’autorité environnementale, le rapport de la commission d’enquête et les engagements publiés après la concertation. Les études et comparaisons apparaissent dans la section où elles servent l’analyse, avec leur périmètre et leurs limites.
Annexe : repères de taille en France, en Europe et dans le monde
Déplier les comparaisons France, Europe et monde
Il n’existe pas de registre mondial exhaustif qui permette de classer tous les centres de données avec une mesure unique. Data Center Map recensait 12 259 sites dans 179 pays, dont 393 en France, lors de la consultation du 31 août 2026. Ses fiches sont principalement renseignées par les opérateurs et décrivent mieux les implantations que leur consommation réelle. Pour l’Europe, la carte 2026 de l’EUDCA compare les capacités informatiques installées et prévues par pays. EuroDaCe propose une carte ouverte des sites de l’Union européenne à partir de données publiques et d’OpenStreetMap.
Les tableaux suivants forment un échantillon, pas un palmarès exhaustif. Ils sont triés selon la valeur maximale publiée par le promoteur ou l’opérateur. Une puissance informatique, une capacité de campus et un raccordement électrique ne sont pas interchangeables. Le statut indique donc séparément ce qui fonctionne, ce qui se construit et ce qui reste annoncé.
France
| Site | Taille maximale publiée | Périmètre de la valeur | Statut public au 31 août 2026 |
|---|---|---|---|
| Campus IA, Fouju | 848 MW IT et raccordement maximal de 1,4 GW | 11 bâtiments dans le dossier environnemental ; le raccordement ne mesure pas seulement la puissance des serveurs. | Autorisé par phases ; DC1, DC2 et DC4 disposent d’autorisations d’exploiter, sans données d’exploitation. |
| DATA4 Escaudain | 700 MW | Capacité annoncée à terme sur 33 hectares. | Projet annoncé le 12 juin 2026 ; la valeur ne décrit pas une puissance déjà utilisée. |
| DATA4 Paris-Saclay | 505 MW | Total publié pour PAR01, PAR02 et PAR03 : 250, 5 et 250 MW. Ce total additionne trois campus proches, pas un bâtiment unique. | Total de capacités déjà disponibles et projetées ; ce n’est pas une mesure de consommation. |
| Digital Realty Dugny | 176 MW | Trois bâtiments, PAR15, PAR16 et PAR17, sur plus de 65 000 m² d’espace informatique. | Construction commencée en 2025 ; première livraison annoncée pour 2027. |
| Digital Park Paris | 76 MW ou plus | Quatre centres de données et 40 000 m² de salles informatiques. | Campus construit ; les deux dernières phases ont obtenu leur certification LEED en 2025. |
Europe hors France
| Site | Taille maximale publiée | Périmètre de la valeur | Statut public au 31 août 2026 |
|---|---|---|---|
| SINES DC, Portugal | 1,2 GW IT | L’opérateur annonce avoir sécurisé cette capacité informatique pour six bâtiments ; SIN02 à SIN06 pourraient atteindre 240 MW chacun. | Déploiement prévu par étapes jusqu’en 2030 ; l’annonce de capacité n’est pas un relevé d’exploitation. |
| Pure DC Seinäjoki, Finlande | 550 MW IT ou plus | Campus complet ; première phase de 110 MW IT. | Première phase en cours de développement et poste électrique du premier bâtiment en service ; extension complète soumise aux autorisations et contrats nécessaires. |
| Stargate Norway, Narvik | 230 MW, avec une extension envisagée de 290 MW | 230 MW initiaux et jusqu’à 520 MW si l’extension se réalise. | Projet annoncé en juillet 2025 ; objectif publié de 100 000 GPU fin 2026. |
| Ada Docklands, Londres | 210 MW IT | Trois bâtiments de 70 MW. | Construction lancée en février 2026 ; premier bâtiment annoncé pour mi-2028. |
| Pure DC Dublin | 54 MW | Trois centres de données de 14, 24 et 16 MW. | Campus en exploitation depuis 2024 ; une extension de 90 MW reste soumise aux autorisations et à la disponibilité électrique. |
Monde hors Europe
| Site | Taille maximale publiée | Périmètre de la valeur | Statut public au 31 août 2026 |
|---|---|---|---|
| Meta Richland Parish, Louisiane | 5 GW de capacité de calcul | Extension du campus de Meta. | Chantier lancé en décembre 2024 ; extension à 5 GW annoncée en juillet 2026. |
| STACK Stafford, Virginie | 1,1 GW | Quatre sous-campus, 19 centres de données et six postes électriques de 300 MW. | Campus en cours de développement ; la capacité publiée ne décrit pas la puissance réellement utilisée. |
| The Barn, Michigan | 1 GW | Campus Stargate à Saline. | Première pierre posée en juin 2026 ; pas encore de données d’exploitation dans la source. |
| Stargate UAE, Abou Dabi | 1 GW | Capacité cible du cluster complet ; première tranche de 200 MW. | L’annonce de mai 2025 prévoyait 200 MW en 2026 ; la source ne confirme pas leur mise en service effective. |
| Switch Tahoe Reno 1, Nevada | 130 MW | Premier bâtiment du campus Citadel, distinct de la capacité future de l’ensemble du campus. | Bâtiment ouvert en 2017 ; la valeur est une capacité maximale publiée, pas la puissance moyenne effectivement utilisée. |
Le rapport 2026 de l’EUDCA place tous les sites de 100 MW ou plus dans sa tranche la plus haute. Campus IA se situerait dans cette classe par sa puissance informatique projetée. Une comparaison au sein de cette tranche doit encore distinguer la nature de la puissance et le statut du projet, sous peine de rapprocher un raccordement futur de serveurs déjà alimentés.